Quelques sculptures

fonderie Godard


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Quelques poèmes

de Michel Duplaix... qui remercie Verlaine en passant



Le soulier de Satan

Dans un emballement de pulsions implacables
Un coeur et un marteau souffraient
L'un caressait, l'autre creusait.
Ainsi cheminaient deux vies inexorables.

L'Implorante, à la jeunesse si tôt épuisée
N'implorait plus sous les verrous
En Montdevergues, loin de nous
Entre espoir fou et nuit...la solitude damnée.

Aucune Annonce faite à Camille, mais Pain Dur,
Pas de Mère à Midi. Toi mère
Aux doux sentiments de Cerbère
Qui, jamais, ne te rendis en ce lieu obscur.

Camille au Bûcher, Tête d'or martyrisée.
Non plus à Midi de Partage,
D'une danse macabre, L'Otage.
Pauvre corps englouti dans la communauté,

Elle était Camille de Rodin.



Mon rêve damné

Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D'une femme enfermée en un lieu de douleur
Au regard éperdu au-delà de l'horreur
Et qui m'est chaque fois même ensorcellement.

Meurtrie d'égarement, son spectre déambule
En mon cœur alarmé. Il cerne mon front blême
De montagnes de cris, de portées d'anathèmes
Il hurle et je l'aime dans ce rêve qui me brule.

Où donc a fui le noir de ses cheveux d'antan
Panache recroquevillé sous un chapeau croulant
Comme ceux des oubliés que la vie exila ?

Son cœur détruit pareil à ses sculptures brisées,
Sa triste voix qui, tant d'années, fut déchirée,
Je les aime en pleurant comme on pleure un trépas.

Elle était Camille de Rodin.

Michel Duplaix... et Paul Verlaine



Toujours elle

Elle s'appelait Camille Claudel,
Eteinte en folle chapelle.
Pourquoi tant de chagrin...
Trop tard pour lui tendre la main.
L'ailleurs de l'au-delà des cieux
Où se perdaient ses yeux,
Elle y noyait sa misère,
Y cherchait un baiser de sa mère.
En était pleine de fièvre.
Mais, point de lien. Point de lèvres.

Celle que j'aimais si belle,
Bronze, garde la moi
En son vieil âge, telle
Dans l'immortalité du destin
Qui la broya, matin après matin.



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